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Martine, enseignante anglais lycée et collège

En tant qu’enseignante d’anglais, j’ai quand même un peu l’impression et quand j’observe autour de moi, notamment sur des personnes qui arrivent quand même un peu en fin de carrière, qu’elles sont là parce qu’elles n’ont pas la possibilité de faire autre chose. Alors, soit, elles n’ont pas la possibilité, soit, elles ne sont pas suffisamment informées qu’il y a peut-être une passerelle, soit, il n’y a pas du tout de passerelles non plus et c’est regrettable. Alors, nous avons l’impression qu’elles sont obligées d’enseigner sans être convaincues d’être efficaces, que les enfants, il y a un écart entre l’âge auquel elles enseignent et leur âge à elle-même. Donc, il n’y a plus d’entente, enfin, ça ne se passe pas toujours très très bien. C’est quand même assez difficile, c’est un phénomène d’usure pour elles. Je dis « elles » parce que c’est très féminisé l’enseignement, mais il y a aussi des messieurs. Mais, il faudrait peut-être que les gens soient plus informés, que les enseignants soient plus informés. Je pense qu’il y a des passerelles, mais nous ne sommes pas au courant. Enfin, je pense qu’il faut cliquer quelque part, voir, s’informer, tomber sur la bonne personne au Rectorat, tomber sur la personne qui s’y connaît un petit peu et puis, il doit y avoir des choses, mais peut-être pas encore suffisamment.

Danielle, professeur des écoles

Parce que le problème de l’enseignement ou le problème de la Fonction publique, c’est vrai dans le ministère de la Santé, dans d’autres ministères. Il faut pouvoir en sortir et y rentrer si on a seulement une formation d’enseignant, c’est extrêmement difficile d’en sortir. Ça pose un problème de la réinsertion ou des passerelles. Je pense que c’est une sécurité et tout le monde devrait avoir une double compétence ou des possibilités de réinsertion dans une autre administration en cas de difficultés et en cours de carrière.

Joël, éducateur sport, enseignement

Je voulais intervenir par rapport à ça. Moi, je travaille à la ville de Paris et en fait, il y a des possibilités qui sont réelles.

Éric Woerth, ministre du Budget, des comptes publics et de la Fonction publique

Pourtant, c’est une grosse administration celle-là.

Joël, éducateur sport, enseignement

Justement et donc, ça se passe assez bien à ce niveau-là puisque actuellement, je suis en formation. En fait, j’ai passé des tests pour accéder à une formation et que je suis en train de suivre pour passer un concours au mois d’octobre.

Éric Woerth, ministre du Budget, des comptes publics et de la Fonction publique

Donc, vous allez faire quoi, changer de métier complètement ou une spécialisation ?

Joël, éducateur sport, enseignement

Non, pour l’instant, je monte dans la hiérarchie puisque je suis dans la filière administrative. Mais, parallèlement, c’est vrai que moi, j’ai plusieurs compétences et donc, je passe d’autres concours en fait. Et à la Ville de Paris, c’est possible, même un changement de service à l’issue de l’entretien annuel, on a un petit mot à dire et puis, si on veut changer, si on veut passer d’un service à un autre puisque, comme c’est une grande administration, c’est vrai qu’il y a un vivier de postes qui laisse ce choix-là.

Cédric, brigadier de police

Alors, pour nous, le système est un petit peu plus compliqué. Depuis quelques années, l’État a mis en place ce que l’on appelle un repyramidage de la Police nationale. Par contre, c’est vrai que le système d’évolution est beaucoup plus compliqué, on passe par des systèmes de concours qui nous obligent à retourner en école 18 mois, puis on repart pour un an de stagiaire avant d’être de nouveau titularisés et de récupérer notre ancienneté. Et souvent, je pense à moi qui atteint 10 ans, je suis arrivé à un certain salaire, je vais passer mon concours, je vais perdre à peu près l’équivalent de 600 euros pendant à peu près 2,5 ans. Donc, c’est vrai que quand on commence à avoir une famille, un appartement à payer et tout ça, c’est une démarche qui demande un investissement que l’on ne peut pas dès fois se permettre, on va dire, de perdre 600 euros pendant pratiquement 2,5 ans, voire 3 ans pour évoluer. Et là, c’est vrai que la passerelle, elle existe par concours, mais qui bloque la plupart en interne parce qu’il y a ce fameux système déjà de repartir dans une école qui est souvent à l’autre bout de la France parce qu’il n’y en a qu’une en France. Et pendant 2,5 ans de perdre, c’est vrai, un pouvoir d’achat qui est quand même énorme et qui va manquer à la fin du mois.