Les valeurs, les missions et les métiers de la Fonction publique Le pouvoir d'achat La rénovation du dialogue social Les parcours professionnels

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Table ronde

Éric Woerth, ministre du Budget, des comptes publics et de la Fonction publique

Juste un mot, nous, avec André Santini, on est à la veille de lancer des cycles de discussions avec l’ensemble des fonctionnaires : plein de polémiques sur le pouvoir d’achat, sur le dialogue social, sur les mesures catégorielles qui s’appliquaient à certaines catégories et pas à d’autres avec l’impression de gens qui, parfois, ont le sentiment qu’on tire un peu sur la corde et qu’on leur demande de la productivité, mais que derrière, il n’y a pas vraiment les moyens pour l’avoir. Enfin, tout cela revient régulièrement et plutôt que d’affronter dans la crise systématiquement les sujets, on s’est dit qu’il fallait qu’on essaye d’avoir quelques semaines ou quelques mois de discussions approfondies sur tous les sujets et sans essayer d’en mettre sous le tapis : du pouvoir d’achat aux conditions de travail, à la mobilité, au parcours professionnel. À tous ces sujets qui sont extrêmement importants et que c’était le moment au début d’un quinquennat de le faire. Ce n’est pas pour éviter évidemment les sujets de court terme, mais c’est quand même surtout d’essayer de trouver des bases nouvelles. Il y a notamment une base qui nous semble très très importante, c’est de réfléchir aux valeurs que portent aujourd’hui les fonctionnaires eux-mêmes : le Service public, le service du public puis ses valeurs issues souvent du statut de 1946 qui ont après été précisées, édulcorées, parfois un peu piétinées, parfois un peu écornées et qui peuvent paraître parfois aussi désuètes. Donc, comment est-ce qu’on les remet au goût du jour dans la vie et la société où nous sommes aujourd’hui en respectant les grands principes républicains qui doivent être partagés par les uns et par les autres, qu’ils soient de droite ou de gauche, qu’ils soient du secteur public ou du secteur privé. C’est un peu tout ce qu’on va faire et voilà de ce débat, finalement de ce premier débat, nous attendons beaucoup parce qu’il nous permettra un peu de définir quelques orientations.

André Santini, secrétaire d'État chargé de la Fonction publique

Effectivement, nous avons reçu mission du Président de la République qui est, pour la première fois, un chef d’État qui s’occupe de la fonction publique. D’ordinaire, c’était le Général de Gaulle, l’intendant suivra, il a quand même modifié le Code de la Fonction publique en 1959. On remarque 1946, c’était Maurice Thorez et le Général déjà. 1959, le Général, ensuite, 1983, François Mitterrand et aujourd’hui, il y a un trou, on n’a pas fait grand-chose depuis 1983. Modifier, on n’a pas l’ambition de refaire un grand code, mais un système qui est arrêté en 1983 comme le système de la protection sociale. C’est un système souvent à bout de souffle le système que de lutte contre le chômage. Vous voyez, tout cela, on sent bien que ça ne correspond plus exactement à la réalité, on commence de plus en plus à citer des exemples étrangers, pas toujours confortables et on se dit que, peut-être, qu’en France, tranquillement, sereinement, puisqu’on est en début de quinquennat, on pourrait discuter tous pour aboutir à un corps de doctrines commun. Pour dire : le Service public, qu’est-ce que c’est ? Voilà comment nous voulons avec vous, c’est vous qui allez être les premiers à nous dire ce que vous ressentez. Il n’est pas mauvais que vous apportiez non pas la voix de la base, mais la voix de ceux qui sont sur le terrain et qui disent : « Ça, on ne comprend pas, ça, on voudrait bien que… » parce que vous n’êtes pas fonctionnaires que pour la stabilité de l’emploi. Quand on me dit : « Il y a 70 % des jeunes qui veulent être fonctionnaires pour la stabilité de l’emploi », ce n’est pas vrai. On voit bien qu’il y a des tas de choses à faire dans la Fonction publique. Nous sommes tous les deux des élus locaux, nous avons des fonctionnaires de grande qualité autour de nous et, souvent, on dit : « Ils ont du mérite de continuer à travailler compte tenu de ce que nous ne referons pas ». Alors, voilà l’idée que l’on va tester avec vous.